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Artes Visuais - Le miroir de l’origine da artista Deborah de Robertis.

Reproduzo matéria publicada na página Secondesexe sobre situação ocorrida no Museu D'Orsay, em Paris, no último 29/5/2014. Uma hora dessas tenho a ideia de fazer a tradução, pois apresenta uma discussão muito interessante...


"Le 29 mai dernier, l’artiste Deborah de Robertis plasticienne, qui travaille sans cesse la question des rapports homme / femme, artiste / galerie, prostituée / client, a choisi d’exposer son sexe au Musée d’Orsay, juste en dessous du tableau de Courbet, l’Origine du monde. Explications.
Salle 20 du Musée d’Orsay. On y voit plusieurs œuvres, mais une est au centre de la pièce L’Origine du Monde de Courbet. Le 29 mai 2014 à 14h30, le tableau peint par Courbet en 1866, a trouvé un miroir originel et fragmenté. L’incarnation de cette origine, c’est l’artiste Deborah de Robertis. Les fragments du miroir, ce sont ces visiteurs, ces multiples regards qui assistent à une scène unique. Habillée en doré, l’artiste explose le cadre, non moins doré du tableau. Face à une foule de visiteurs, elle marche dignement vers la peinture habitée par l’Ave Maria de Schubert dans l’interprétation de Maria 
Callas et remixé avec un poème, une révélation:

Je suis l’origine
Je suis toutes les femmes
Tu ne m’as pas vue
Je veux que tu me reconnaisses
« Vierge comme l’eau créatrice du sperme. »
Puis, sous le regard médusé d’une gardienne, elle prend la pose sous le tableau, jambes écartées, incarnant le regard absent du sexe peint par Courbet. Du regard, d’un bleu profond, coulent des larmes dorées, et en ce jour de l’ascension, le visiteur fait peut-être face à une représentation iconique de la vierge ? Ou peut être s’agit-t’il de Marie et Marie-Magdeleine, incarnées en une seule femme ? Sainte ou pute ? Ou bien seulement toutes les femmes ?
« Qui prétend que les anges ne peuvent pas pleurer ? » Paul Claudel Dans une fraction de seconde, le vertige est là, celui de l’essentiel : la vie. La pose évoque l’accouchement de l’enfant « prodigue », l’origine, l’essence même de ce qui nous dépasse : notre venue au monde.
L’instant est court. La gardienne, de noir vêtu, comme un étrange ange de la mort, s’oppose à la vision. Debout, son regard est au niveau du sexe peint par Courbet et ses jambes cherchent à cacher le sexe de l’artiste.
Absurdité de cette mise en abime de la vie et la mort, de la femme, qui choisit d’être objet ou d’être sujet. Qui d’entre la gardienne et l’artiste tient la pose ? Étrange duel, deux forces de femmes s’affrontent, elles s’offrent au regard chacune pointant son arme, l’une, la vulnérabilité, l’autre le pouvoir.
L’ange noir, contre l’ange blanc. Face à face, sous le regard du sexe peint par Gustave Courbet, présent dans la pièce parmi les visiteurs.
À l’ordre autoritaire adressé par la gardienne à l’artiste de cesser d’exposer son sexe, et aux visiteurs de détourner le regard et de quitter la salle, personne ne bouge, tout le monde reste figé, captivé. La gardienne dépassée passe de la foule à l’artiste, dévoilant ainsi le sexe de Deborah de Robertis, devenant ainsi complice de ce qu’elle considère comme illicite. La scène se joue et se rejoue. Une autre gardienne arrive, les visiteurs du musée applaudissent, on entend des « bravos », peut-être réponse sonore à la « Joie » dans le sens biblique du terme ?
Il faudra attendre le service d’ordre pour que la salle soit vidée malgré elle d’un des fragments du miroir, les visiteurs, devenant acteurs malgré eux. La scène se renverse, alors que les visiteurs sont mis dehors, l’autre fragment essentiel du miroir, l’artiste, restant intouchée devient oeuvre. La censure des gardiens, voulant interdire le sexe, produit l’effet inverse et sacralise la pose de l’artiste.
Immobile, l’artiste assise sous le tableau du maître, est enfermée en « hors la loi », comme si elle était une bombe.
S’il s’agît bien d’une explosion, c’est celle à la fois du cadre du tableau et du sexe peint par Gustave Courbet.
Qui est l’objet : la femme ou le tableau ?
Qui est le maître, qui est l’élève ?
Qui est l’original qui est la copie ?
Qui est l’ange blanc, qui est l’ange noir ?
Comme Deborah de Robertis l’affirme : « Il y a un « trou » dans l’histoire de l’art, le point de vue absent de l’objet du regard. Dans sa peinture réaliste, le peintre montre des cuisses ouvertes, mais le sexe reste fermé. Il ne dévoile pas le trou, c’est-à-dire, l’œil. Je ne montre pas mon sexe, mais je dévoile ce que l’on ne voit pas dans le tableau, l’œil du sexe, le trou noir, cet œil enfoui, ce néant, qui au-delà de la chair répond à l’infini insoutenable, l’origine de l’origine. Face à la surexposition du sexe dans notre monde contemporain, il n’y a plus rien à dévoiler, sauf l’annonce d’un monde nouveau où les grands maîtres se laissent regarder par les femmes. Je propose le miroir inversé du tableau de Courbet, qui nous rappelle que l’histoire se raconte dans le deux. »
Elle nous invite ainsi à poser un nouveau miroir devant le tableau de Courbet : est-il réaliste ? Un trompe l’œil ?
En redonnant un regard au modèle de Courbet, elle incarne toutes les femmes, comme elle nous y a justement invité dans son incantation et soulève malgré-elle la question de la « Loi ». Malgré-elle, tant il est difficile d’associer l’idée d’une quelconque transgression à son l’acte si pur, juste, virginal, évident. Pourtant la suite de l’histoire est bien celle d’une confrontation à la « Loi ». Mais de quelle loi s’agit-il ? Celle fixée par notre démocratie ou celle transcendantale de notre présence au monde ?
La suite de l’histoire en dit long. La police arrive dans le musée et emmène Deborah de Robertis au commissariat. Certes il n’y avait pas de menottes, mais la police répond à la « plainte ».
Celle juridique de la gardienne du musée et de son président qui « victime » d’une « infraction » préviennent l’autorité compétente.
Celle peut-être spirituelle de l’artiste, qui victime du « juridique » évoque le Psaume de David :
« Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
Mes lèvres ne mentent pas. »
À l’accusation « d’exhibition sexuelle », Deborah des Robertis défend son point de vue. Ce « point de vue » est peut-être justement celui que l’on a retiré à toutes ces femmes : objets, modèles, employées (gardienne notamment au Musée d’Orsay), mannequins publicitaires, stars du festival de Cannes, actrices de films pornographiques, papier glacé des magazines, papier mâché, digéré, recraché, avalé dans l’indifférence la plus complète d’une société devenue aveugle, qui pourtant décide de la mettre en « garde-à-vue ».
« À vue ». La position de l’artiste devient alors visible explosant non seulement le cadre du tableau, mais bien la petite salle 20 du Musée d’Orsay, pour faire œuvre et devenir publique, politique, historique, emblématique.
Une question centrale, celle du regard, notre regard, votre regard.
Dans le face à face entre les officiers de police et l’artiste, seront soulevées bien des questions qui nous concernent tous.
Des questions juridiques avec l’opposition de nos libertés fondamentales inscrites dans La déclaration universelle des droits de l’Homme :
Article 19 :
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression.
Article 29.2 :
2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
Des questions sociétales liées à la définition de « la morale ».
Peut-on regarder en famille le tableau de Courbet sans être averti à l’entrée du caractère sexuel du tableau ? Doit-on regarder les yeux de Deborah de Robertis et sa posture mimétique du tableau en appelant la police ?
Quand commence et finit l’exhibition sexuelle ? Sur Internet, dans le film porno du samedi soir, devant sa porte d’entrée un soir à minuit face à un fou maniaque ou bien dans l’œuvre d’une artiste sous le regard de Courbet ?
Des questions artistiques. Quels sont les critères pour juger de la notion d’œuvre d’art ? Où commence la censure ? On pense évidemment à la polémique sur le tableau de Courbet peint en 1866, au procès de Brancusi contre les Etats unis en 1927 et à celui qui aurait pu advenir à Deborah de Robertis en 2014.
Le procureur de la République s’est rappelé qu’un siècle était passé et a finalement « classé sans suite avec rappel à la loi ».
« Rappel à la Loi » de la République certes, mais également à la loi suprême, qui nous renvoie au mystère de « l’Origine du monde », de notre l’origine, de la vie, de la mort, nous rappelant que de la poussière nous retournerons à la poussière.
Vertige des vertiges. Ange blanc, ange noir. Doit-on respecter les lois de l’univers ou celles fixées par l’humain ?
En prenant la pose, elle sort de l’image, elle incarne la vie et l’expose au monde.
Qu’est-ce que le musée d’Orsay veut-il cacher en attaquant l’artiste pour exhibition sexuelle : le sexe de l’artiste ou l’exposition de sa propre censure ? La réponse dérangeante de Deborah de Robertis met à nu :
« À tous, vous avez vu le miroir de l’Origine, moi je vous ai vu »."
P.S.: Na matéria há um vídeo que foi removido pelo Youtube porque seu conteúdo violou os Termos de Serviço do site.

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